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L'abécédaire
libanais A
comme Accident
(de la
route) : c'était prévisible mais leur mépris des règles de conduite ajouté
à leur goût pour la vitesse fait qu'il y a énormément d'accidents de la
route et qu'ils sont souvent meurtriers (on en a croisé un qui datait
de quelques minutes Bilan : 2 morts qui se sont crashés tous seuls contre un mur
en plein village). Cela ne se voit pas trop car les carcasses sont rapidement
enlevées du paysage mais il suffit de lire le journal pour s'en convaincre.
B
comme Boire
et manger
: on trouve à manger et à boire à toute heure dans des petits bistrots
souvent confortables; La bière locale est servie glacée (même le verre
sort du frigo) avec des morceaux de carottes, pistaches, cacahouètes.
Très agréable. Coté restaurant, toujours une profusion de petites entrées
(purées de légumes, légumes frais, taboulé, …) et des grillades (bœuf,
mouton et poulet). Toutes sortes de pâtisseries orientales au dessert.
Attention, pas d'alcool dans les
restaurants des quartiers islamistes. Sinon, bière et vin (Kefraya
et ksara ; deux crus de la vallée de la Bekaa très sympas) Coté épicerie,
on trouve au Liban à peu prés tout ce qu'on trouve en France avec , en
plus, des fruits et légumes plus précoces qu'ici et une grande variété
de produits laitiers (fromages crus cuits, salés ou pas). C
comme
Chantier
: Beyrouth est un immense chantier. On casse les immeubles trop marqués
par la guerre, on rase la fameuse "ligne de démarcation" qui
partageait l'Est (chrétien) et l'Ouest (musulman) pour en faire des voies
rapides, on érige des immeubles de bureaux immenses, on monte des immeubles
de rapport. Partout, des camions, grues et ouvriers syriens ou égyptiens
au travail. Le matin (assez tôt pour que l'heure soit fraîche), on décoffre
le béton de la veille puis on monte de nouveaux coffrages aussitôt coulés.
Cycliste : aucun. Il faut dire qu'un guide de voyage indique que ce mode de tourisme est, au Liban, "suicidaire". Les Libanais Les savent pourquoi. Fcomme
Fils
: il y en a partout en l'air et, parfois, sur le sol. Electricité, téléphone
(on se demande pourquoi quand on voit qu'ils ont tous des téléphones cellulaires),
antennes de télé ou paraboles; le ciel est un écheveau parfois effrayant.
On a vu aussi, dans le centre-ville, des ouvriers s'y attaquer courageusement
pour, sans doute, en réduite le nombre. Frontières
: dans
ce pays de 10 000 Km2 (la France en fait 550 000) on bute constamment
dessus. En plus (ou en moins, comme on voudra), Israel en occupe une bonne
part au Sud, gardée par la fameuse Armée du Sud Liban (ASL), milice à
sa solde qui y fait régulièrement tonner le canon. Cela réduit d'autant
les endroits accessibles. Pour être concret, nous avons en une journée
de voiture fait le tour de toute la moitié Nord du pays en faisant de
larges pauses. M
comme Mosquée
: il y en a partout (comme des églises, d'ailleurs) mais on les remarque
beaucoup plus à cause de leurs minarets et des prières du muezzin généreusement
diffusées sur la ville par hauts parleurs. Motard
(de la police) : on se croirait aux USA qui, de toute évidence les ont
inspiré (voire équipés). Sirènes et gyrophare toujours en action, ils
violent tranquillement toutes les règles du code de la route sur de superbes
Harley-Davidson
blanches. Un spectacle de qualité dont on se lasse pas. N
comme Narghilé
: Le plaisir suprême des Libanais
dans les bars et les restaurants
est de finir par une bonne pipe. Installé avec un cérémonial qui semble
complexe, constamment réactivé pour un serveur qui ne fait que cela (il
ne faut pas que la braise s'éteigne), le narghilé dégage une odeur tellement
douceâtre que j'avais l'impression qu'ils fumaient de la barbe à papa.
Du coup, bien qu'étant fumeur, je n'y ai pas goûté . P
comme Pendaison
: pendant notre séjour, deux cambrioleurs dont le casse s'était fini en
meurtre des occupants ont été pendus sur la place publique sous les acclamations
de la foule. Dans les 48 heures qui ont suivi, deux enfants ont été sauvés
in extremis alors qu'ils étaient en train de se faire pendre par des camarades
de jeu. L'abolition de la peine de mort n'est pas pour demain. Prostitution
: la condition
misérable de certaines populations fait que se développe en ce moment
la prostitution enfantine. Par ailleurs, nous avons été témoins d'une
scène curieuse : L'embarquement du vol Beyrouth-Bucarest nous a fait contempler
une vingtaine de jeunes femmes européennes (dont certaines très provocantes)
qui quittaient le pays. Cela pourrait confirmer la rumeur selon laquelle
Beyrouth est un lieu de business très actif pour des réseaux de prostitution
de l'Europe de l'Est à l'attention des seigneurs du pétroles qui viendraient
s'y défouler loin de leurs pays. Mais ce n'est qu'une rumeur. T comme Télévision : la télé est très répandue ici aussi. Plusieurs chaînes privées aux mains des différents groupes de pressions (mélange de confessionnel, de politique et de business) et , par des paraboles, les chaînes françaises, italiennes et du Golfe (après 1 heure de télé des Emirats Arabes Unis, on est mûr pour trouver TF1 de grande qualité tant c'est morne). A l'arrivée, une profusion de chaînes possibles et fort peu de "regardables". |